(ITW) Antoine Eïto, le Samuraï vichyssois

Entretien passionnant avec Antoine Eïto qui nous parle de la saison de la JAV, ses progrès, ses expériences passées, son futur, sans oublier de passer quelques coups de gueules.

« La chenille est devenue papillon. » Si on devait résumer la progression du kid de Cognac, cette métaphore serait parfaite. Vilipendé par le public de Pierre Coulon la saison dernière, il est cette année l'un des « chouchous » de la salle grâce à sa hargne, son courage et sa vaillance. Avant un match crucial face à Poitiers samedi prochain à domicile, Antoine à gentiment accepté de répondre à nos questions. Entre joies et déceptions, il n'a pas hésité à tout nous dire sur cette saison au combien difficile pour la JA Vichy. Rencontre avec un battant qui quoi qu'il arrive ne lâchera rien et fera le maximum pour sauver son club.




C&S : Salut Antoine, tout d'abord merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.

AE : De rien c'est avec plaisir…

Pour commencer, on va revenir quelques mois en arrière, on a longtemps cru que tu allais quitter le club durant l'inter-saison, tu confirmes ?

Oui, on avait un deal avec la JAV, eux essayaient de trouver ailleurs un joueur qui corresponde à ce qu'ils cherchaient, et quant à moi de mon côté avec mon agent, j'explorais aussi les pistes à droite à gauche. Finalement arrivé à la mi juillet, il n'y eu rien de concret des deux côtés. Voila pourquoi d'un commun accord on a décidé de poursuivre l'aventure ensemble une saison de plus.

Il était prévu que tu sois le back up de Reid. De ce côté rien de nouveau. Puis quelques mois après, coup de tonnerre Reid quitte le club !

On voyait bien que quelque chose ne tournait pas rond cette saison avec Kareem, ce n'était plus celui de l'année dernière. Il y avait une différence de point de vue entre lui, le reste de l'équipe, le staff… tout ça a fait que petit à petit il y a eu un écart. Et puis Rouen (Pro B) lui a fait une proposition, il a su saisir l'occasion et puis voila tout simplement, il n'y a pas eu de clashs ni de disputes ou quoi que ce soit d'autres, il nous a dit au revoir, nous a souhaité bonne chance pour la suite. Et puis voila, les équipes se font et se défont tout au long de la saison, c'est le basket tout simplement…

Suite à son départ,  tu as pris une autre dimension , tu as eu plus de temps de jeu que tu as très bien rentabilisé. Mais la JAV a signé TJ Thompson en remplacement de Reid.

Exactement, la signature est un choix des dirigeants, pour ma part je n'y voyait aucun problème. Thompson étant un meneur scoreur et moi un meneur gestionnaire, sur le papier notre paire était intéressante. Le choix du club était juste, d'autre part il connaissait bien la Pro A pour avoir fait des cartons avec Le Havre, donc l'idée était bonne et fort louable. Malheureusement la mayonnaise ne prend pas. C'est aussi dur à gérer pour TJ que pour le staff cette situation, le club se pose des questions. Après TJ est un professionnel mais c'est vrai que nous sommes dans l'urgence de gagner des matchs. Pour ma part, je fais ce que l'on me demande et j'essaye de le faire de mon mieux, après le reste ne me regarde pas.

Pour les supporteurs et observateurs, nombreux sont à penser qu'il aurait été plus judicieux de te laisser la mêne en partage avec Shuler et de recruter un intérieur non JFL pour muscler la raquette qui est plutot légère. Tu en penses quoi ?

(petit sourire) C'est sur que cela aurait pu être une bonne idée… Maintenant ce n'est pas moi qui décide il y avait des choix à faire, ce n'est pas mon métier de recruter des joueurs.

Nous sommes début mars, la JAV est dernière au classement, comment tu pourrais analyser cela ? Ton point de vue sur cette saison ?

Il ne faut pas se voiler la face, collectivement c'est décevant. Il y a du négatif, mais aussi du positif. On n'est pas complètement largué. Sur certains matchs, cela se joue à pas grand chose (comme le dernier match face à Orléans perdu de 2 points, ndlr). Après on connaît nos lacunes, nos adversaires savent appuyer là où ça fait mal. Mais je tiens à dire qu'on ne lâchera rien, on ne doit pas abandonner.

(Il marque une pause). Ce club a une histoire, un palmarès… On ne doit pas décevoir les gens qui nous aiment, qui nous supportent depuis le début. Certes, c'est vrai que la situation du club est critique mais on a le devoir de ce battre pour ce maillot… en tout cas moi c'est comme ça que je vois les choses.

A titre personnel, tu penses quoi de ta saison ?

C'est clair qu'individuellement il y a du mieux par rapport à l'année dernière, j'ai beaucoup travaillé… mais ce qui m'importe c'est le club, mes performances passent après. Je préfère des victoires plutôt qu'une bonne ligne de stats.

La fin de championnat tu la vois comment ?

Quoi qu'il arrive on donnera tout, on ira jusqu'au bout. Une équipe peut perdre des matchs mais elle a surtout le devoir de se battre, c'est ça le plus important à mes yeux.

Contrairement à l'année dernière on voit que ta relation avec le public Vichyssois a changé. Tu n'es plus le même homme dans le cœur des supporteurs. Tu ressens cela toi aussi ?

Oui tout à fait, les gens sont adorables avec moi cette saison. Il n'y a pas de secret pour être aimer il faut être bon sur le terrain et je dois avouer que l'année dernière ce n'était pas moi, pas mon jeu… Il faut être honnête, je n'ai pas su produire ce que l'on attendait de moi, cela me faisait « chier » pour tout te dire. Et puis ma relation avec Jean Louis Borg s'est dégradée au fil de la saison, j'avais perdu confiance en moi. Quand on connaît l'importance du mental dans le sport, on sait très bien que pour être bien dans ses baskets, il faut être bien dans sa tête et à l'époque, j'avais beaucoup de difficultés.
Maintenant ça va beaucoup mieux de mon côté. J'ai travaillé dur lors de l'inter-saison, le climat avec Besson est plus sain et cela me tient à cœur de montrer aux gens qui est le vrai Antoine. Donc voila, en résumé je suis agréablement surpris pour cette saison il ne me manque que des victoires…

Tu es encore jeune (22 ans), si tu devait faire une sorte de bilan de ta carrière, quel est ton meilleur et inversement ton pire souvenir ?

(Il réfléchit) Le meilleur, mon titre de champion de France avec l'ASVEL. Mais attention, le titre était la cerise sur le gâteau, je parle de toute la saison avec des gars comme Amara Sy , JR Reynolds… on était une vrai bande de potes, un super souvenir ce groupe d'ailleurs tu vois je t'en parle avec le sourire ! (rires)
Mon pire… incontestablement l'année dernière avec la JAV, ma relation difficile avec Borg, mes mauvaises performances…

Ton futur tu le vois comment ?

C'est simple, tout est possible ! La seule chose que je sais, c'est que contractuellement je suis lié avec la JA Vichy jusqu'au 30 juin 2011, après…

Si la JAV descend, tu te vois rester ici ?

Déjà je pense que cette inter-saison risque d'être mouvementée pour le club, dans quelle division jouera la JAV ? Qui sera l'entraîneur ? Qui sera le président ? Avant de recruter la JAV devra d'abord se construire… pour ma part je laisse la porte ouverte à tout, mes seules « conditions » sont de signer dans un club qui possède un vrai projet sportif, que ce soit en Pro A ou bien Pro B. Et puis, surtout partager la mène avec un Français. Je ne veux pas retourner derrière un Américain. Ce n'est pas un caprice, j'ai simplement mûri je sais que je peux apporter des choses différentes maintenant. On verra cela en tant voulu, le plus important à l'heure actuelle c'est la JAV, le reste viendra après….

Tu as réfléchis à l'après basket ?

Pas trop… je m'étais donné comme objectif d'être joueur Pro. Après ma carrière, j'aimerais rester dans le sport : préparateur physique ou autre … Mon choix n'est pas fixé. Sinon créer un truc familial. On verra bien en temps et en heures… (Antoine possède un bac scientifique et à fait une année STAPS, ndlr).

En dehors du basket, tu as des passions ?

J'adore l'Ultimate Fighting (UFC). Sinon les mangas. Etant natif du Sud Ouest, j'aime beaucoup le Rugby et en particulier le tournois des 6 nations. D'ailleurs mon cousin Gérald Merceron a longtemps été joueur de l'AS Montferrand (et international, ndlr). Sinon, tu peux aussi rajouter ma fiancée ça lui fera plaisir !! (rires)

As tu 2/3 petites choses à rajouter avant de se quitter ?

Oui alors première chose, j'aimerai qu'à l'avenir en France, les étrangers et en particulier les Américains apprennent à parler Français, un peu comme ce qui se fait en Espagne où il y a des clauses dans le contrat comme quoi les joueurs doivent faire l'effort d'apprendre la langue du pays dans lequel ils se trouvent. Je pense que ce serait une bonne chose pour notre championnat.

Ensuite un petit mot à Jean Denys Choulet : qu'il n'oublie pas qu'il est Français, il comprendra… (rires)

Et pour finir à Amara Sy que j'ai revu samedi dernier: « arrêtes avec tes conneries de chaussures flashy !!! » (rires)

Merci beaucoup Antoine pour ta disponibilité

Benjamin Guillot, correspondant pour Catch & Shoot à Vichy