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Un logo (presque) parfait…

Le 18 juin 2010 à 12:00 par Benjamin Guillot

Catch & Shoot est parti à la rencontre de Laurent Rullier, co-gérant de l’Enseigne Sportive. De l’importance d’un logo en passant par le merchandising et les autres supports de communication, Laurent vous explique tout ce qui concerne le visuel des clubs, et quand un passionné de la balle orange se met au service de la création ça donne ça !

Bienvenue dans le monde de la couleur et des formes en tout genre.

Catch & Shoot : Bonsoir Laurent, tout d’abord merci d’avoir accepter notre invitation. Alors Laurent ma première question est simple: Présente toi !

Je suis graphiste indépendant, (pub, édition papier…), autodidacte en matière de dessin et surtout de dessin vectoriel. Je suis également scénariste de BD, j’ai fait pas mal de scénars de séries dessins animées aussi. Côté passion, même si je trouve le mot un peut fort, je m’intéresse beaucoup à la Pop Culture (cinéma et littérature de genre, BD, rock’n’roll et dérivés, cartoons, etc…) et de son histoire. Mon goût pour le sport et essentiellement le basket vient de là je pense.

Et donc tu as créé avec Denis Coutard et Grégory Barbotin l’Enseigne Sportive?

La création de l’Enseigne Sportive est que le résultat d’une rencontre entre trois internautes du forum de Basketinfo aussi affligés les uns que les autres des logos du basket français (et du sport français en général). Alors au lieu de fulminer et de se lamenter, nous avons décider d’agir en créant l’Enseigne Sportive.

Si tu devais faire une sorte de bilan des logos des clubs français tu me dirais quoi ?

Il n’est pas question de pointer du doigt telle ou telle équipe, c’est un ensemble, un état d’ esprit, une absence de culture de l’image typiquement française qui fait qu’en général, les dirigeant des clubs accordent peu d’importance à ce qui leur semble un détail dans la gestion d’un club. Très peu ont compris qu’un logo réussit, déclinable sur des supports marketing était un investissement.

On a l’impression qu’en France dès que l’on parle du visuel des clubs, on a tout de suite une image un peu ringarde : logos peu travaillés, l’aspect marketing négligé… peux tu nous confirmer ?

Un mot me vient à l’esprit : amateurisme. Amateurisme dans la conception, la réalisation et l’exploitation de ce qui est la première image que se donne un club de lui-même. Comment un club qui va démarcher des sponsors dans le monde de l’industrie en se présentant en tant que structure professionnelle peut elle être prise au sérieux quand sur son papier à en-tête figure un logo du niveau de celui de l’amicale de la paroisse locale ?

Pour ce qui est de l’aspect marketing, le plus consternant est d’entendre des dirigeants dire que cela ne sert à rien d’avoir un beau logo sur les produits boutiques, car ceux ci ne se vendent pas. Mais s’il y avait une belle image, un truc fort, fun et sympa, bien maquetté, ces produits se vendraient sans doute plus ? Vous croyez que tous ces gamins qui portent des sweats, des tee-shirts, des casquettes aux couleurs des franchises NBA ou NFL sont des fans de ces teams ? Non. La plupart ont ça sur le dos ou sur la tête parce que ça claque.

Mais, ne désespérons pas, depuis un ou deux ans, on sent un frémissement dans le basket français. Dans certains clubs, on commence à se rendre compte que la création d’un logo est une chose suffisamment sérieuse pour ne pas être confiée au petit neveu du concierge de la salle.

Donc tu penses que d’ici 4/5 ans le paysage visuel du basket en France sera totalement différent de ce qu’il est aujourd’hui ?

Totalement… sans doute pas. Les choses évoluent, lentement, mais évoluent. Mais il faudra du temps je pense. Il suffit que deux trois clubs de haut niveau considèrent le problème avec sérieux pour créer un effet boule de neige.

Justement quel est la « recette » pour faire un beau logo ?

Faire appel à l’Enseigne Sportive. Non honnêtement, s’il y en avait une, ça se saurait. A l’E.S, nous avons notre conception du logo réussi, mais c’est la notre. Je suis pas sûr qu’elle soit universelle. Et cette conception du « bologo », elle est aussi secrète que la formule du Coca-Cola.

La seule chose que je puisse dire, c’est que ça demande du travail, beaucoup de travail. Et ce n’est pas forcément les truc les plus alambiqués, plein de chichis et de dégradés qui se percutent qui demandent le plus de taf contrairement à ce que pensent malheureusement la plupart des gens dénués du B.A.BA de la culture graphique. Un bon raccord de courbes vectoriels demande plus de talent et d’efforts qu’une accumulation d’effets photoshop.

Quelles sont les retombées qu’un club puisse espérer après un changement de logo ?

S’il est réussit, et surtout bien accompagné (déclinaisons, mise en place marketing), une augmentation de ses ventes boutiques, donc du fric. C’est déjà pas mal.

Quel est pour toi le plus beau logo de Pro A ?

Reims Champagne Basket. Ah zut… ils étaient en N1. Et celui de Champagne Chalon Reims Basket sera encore mieux en Pro B. En Pro A, j’aime bien celui du MSB, forcément, celui de l’ASVEL, mais si je le trouve un peu chichiteux, limite précieux. Rouen, pas mal… La Chorale, mais uniquement au point de vue réalisation, car le concept : papa maman et p’tit gn’enfant qui se tiennent la main… vraiment on dirait un visuel pour une ONG catho. Quand on voit Uche et JDC… Ce n’est pas vraiment raccord.

Et le pire !?

Je ne parlerais qu’en présence de mon avocat.

D’un point de vue marketing il y a quelque chose de frappant, quand on se proméne dans la rue on voit des tas de gamins avec des maillots de Bryant, Iverson, O’neal… mais jamais des maillots de clubs français, y compris dans des villes qui possédent un club professionnel, comment expliques-tu cela?

T’irais en boîte avec le cougar de SLUC sur le poitrail toi ?Avec la gentille Chorale stylisée de Roanne sur une gapette ?

Bon à côté de ça, il y a une forme de masochisme qui sévit dans le basket français, une auto-flagelation permanente qui n’aide pas à être fier de ses couleurs. Mais honnêtement, j’ai montré la gargouille du RCB à quelques élèves d’une école de dessin, des d’jeuns sapés par les Bruins, les Celtics, les Yankees, mais qui savent à peine qui est Kobe Bryant… Plusieurs m’ont demandé s’il était possible d’acheter le T-shirt. Donc cette gargouille est un bon support marketing. Mais pour bien l’exploiter il faut savoir la « mettre en scène ». Si c’est pour la floquer en petit entre les logos des sponsors du club, ce n’est même pas la peine d’y penser.

Il n’y a pas que les produits dérivés qui souffrent, il y a aussi tout ce qui concerne l’habillage des salles, entre le parquet, les tribunes et la décoration il est parfois difficile de croire que l’on est dans une enceinte de basket.

Tu oublies aussi la mascotte bénévole qui se demande ce qu’elle fout là, les t-shirts immondes du club des supporters, les tubes rances de Queen à l’échauffement et les mecs qui débattent sur le thème « le basket français c’est rap ou bamba ? »… Y’a du boulot !

Pour finir que peut-on te souhaiter pour le futur ?

Voir dans la rue un môme portant un produit Enseigne Sportive sans qu’il sache que c’est logo d’une équipe de basket française.

Merci beaucoup Laurent pour ta disponibilité et ta gentillesse…

Pour plus d’informations, je vous invite à visiter le site de l’Enseigne Sportive: enseignesportive.fr


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