Rencontre exclusive avec Pape Sy, l’arrière du Havre, drafté en NBA
Ce 24 juin 2010 restera, à n’en pas douter, gravé à vie dans la tête de Pape Sy. En effet, c’est à cette date, de l’autre côté de l’Atlantique, à New York et son mythique Madison Square Garden, que le jeune arrière du Havre (Pro A) a surpris l’ensemble du grand public en étant drafté en 53ème position par les Hawks de Atlanta, alors qu’aucune prévision ne le plaçait à pareille fête. N’ayant participé qu’à un seul work-out, avec les Hawks donc, le Breton de naissance, Sénégalais d’origine, auteur d’une saison en Pro A prometteuse malgré un temps de jeu réduit (5.2pts, 1.7 reb, 1.3 pds en 14′), à séduit son monde à Atlanta, à commencer par le coach, Larry Drew. Ce dernier n’a pas hésité au moment de le sélectionner au deuxième tour, conscient des qualités et du potentiel et du jeune homme.
Peu connu du grand public malgré ses galons d’international junior, en raison notamment de sa saison blanche il y a deux ans à cause d’une blessure au genou, Catch&Shoot est allé à la rencontre de Pape Sy. L’occasion de mieux connaître, en toute simplicité, l’un des joueurs Français qui devrait fouler les parquets NBA dans les toutes prochaines semaines. Rencontre exclusive.
Catch&Shoot: Bonjour Pape et tout d’abord comment va-tu ? On imagine que tu es heureux ?
Pape Sy: « C’est clair, je suis super content même si ce n’est qu’une partie du chemin… mais oui c’est vrai que je suis super content. Là depuis quelques jours je suis de retour en France pour une petite période de transition, avec un peu de repos, et puis après je vais réattaquer à fond pour préparer pour la summer league
Quelle a été ta réaction, le soir de la draft, lorsque ton nom est sorti ? On imagine que ce fut intense, tu t’y attendais ?
Franchement j’étais super content, super heureux, même si ça c’était bien passé à Atlanta je n’avais pas forcement de garanties, donc oui super heureux.
Comment se sont déroulés les choses depuis que les Hawks ont pris contacts avec toi ? Les choses ont-elles été volontairement « gardé secrète » par la Franchise ? Se sont-ils engagés à te choisir à l’issue de ton work out pour que tu n’effectue pas d’autres essais dans d’autres franchises ?
En fait des membres du staff des Hawks sont venus au Havre pendant l’année et puis ils ont pris contact avec Pascal (Levy, ndlr) mon agent, ils m’ont proposé de venir à Atlanta le 14 et 15 juin pour faire des entraînements. J’y suis allé et puis ça s’est super bien passé, j’ai eu deux jours intesifs d’entraînements et voilà. Après c’est vrai que j’étais assez satisfait par ce que j’ai vécu là bas, par ce que j’ai pu faire. C’était pour vivre une expérience quoi, je n’avais encore jamais fait de work out et tout ça, donc c’est vrai que j’étais assez satisfait. Par la suite je n’ai pas eu trop de nouvelles non plus tout de suite, on est allé à la draft et puis ça s’est bien passé (sourire)
A l’issue de ton séjour à Atlanta as-tu eu des consignes de la part des Hawks pour ne pas que tu effectues d’autres work out ou bien c’était une volonté de ton agent de tout miser sur cette franchise ?
Non en fait c’était plus le fait que ça c’était bien passé avec Atlanta et que de toute façon je n’avais pas non plus une cote de fou donc de toute façon je n’avais pas pleins de work out de prévus. Mais bon, tout c’était bien passé, ils m’avaient dit qu’ils étaient vraiment intéressés, donc j’étais assez confiant quand même.
Justement quel aura été le programme de tes deux jours à Atlanta ? Sur quoi as-tu pu les « impressionner » ?
Je m’étais bien préparé pour ces work out, il y a eu beaucoup de travail individuel, de tirs, un peu d’opposition aussi. Mais j’ai tout simplement montré ce que je savais faire, et je me suis sentis assez à l’aise.
Le coach, Larry Drew, était présent ?
Oui oui, c’est lui qui a fait ce work out
Et maintenant, finalement, c’est vrai que le plus dur commence pour toi ? As-tu des certitudes ? Sais-tu déjà si un contrat te sera proposé, si tu rejoins la NBA dès cette année ou si tu reste au Havre ?
Maintenant je vais me préparer pour la summer league qui début le 14 juillet, moi je découvre un peu, je n’ai jamais fais de summer league, c’était mon premier work out, donc je vais essayer de vivre cette expérience à fond, de tout donner, et en fonction de ça on verra bien, on avisera. Je n’ai pas de garanties encore sachant qu’au 2ème tour il y’a pas de contrats garantis, sachant que si ça ne se fait pas cette année je resterais au Havre un an de plus, pour avoir un peu plus de responsabilités, pour progresser, et puis je verrais l’année suivante.
Lorsque l’on voit les déclarations du coach et de l’encadrement des Hawks on se rend compte qu’ils sont très élogieux à ton sujet, comment vis tu cela ? C’est peut être bon signe non ?
C’est clair que ça me fait à la fois plaisir et ça me donne de la confiance, mais je m’enflamme pas pour autant, c’est la NBA, on n’y arrive pas comme ça. Ce n’est qu’une partie du travail, y a encore du boulot, je vais me donner à fond mais maintenant si ça ne se fait pas dès cette année ce n’est pas décourageant non plus.
As-tu déjà une idée de ce que le coach attend éventuellement de toi ?
Je sais qu’il aime bien ma polyvalence, mais on a pas encore trop le temps de discuter de tout ça pour le moment, tout est allé tellement vite ces derniers temps…
Tu as donc été drafté par les Atlanta Hawks, une Franchise avec une belle histoire, qu’est ce ça représente pour toi ? Qu’est ce que ça te fait de te dire que tu vas éventuellement évoluer derrière des mecs comme Mike Bibby, Joe Johnson ?
C’est, pfff …. (songeur) ça fait un peu rêver quoi, mais bon comme j’ai dis il faut continuer à travailler et puis pourquoi pas !!
Quel est ton programme désormais? Quelques jours de repos avant de réattaquer à fond pour préparer la Summer League ?
Voilà, c’est essayer de se préparer au maximum pour cette Summer League qui arrive, pour être à la hauteur
Après une saison 2008/2009 galère à cause des blessures, on imagine que c’est un soulagement et une fierté d’en être là aujourd’hui ?
C’est sur que c’est un soulagement, mais y a du travail derrière tout ça, j’ai été assez frustré pour ma première saison en professionnelle de ne pas pouvoir jouer à cause de ma blessure. Cette année je pense avoir fait une bonne saison, j’ai pu jouer toute l’année. Mais c’est clair que c’est l’aboutissement de beaucoup de travail, et ce depuis plusieurs années. Maintenant j’estime que c’est plus un commencement et je vais essayer de tout faire pour passer le pallier et atteindre mes objectifs
Justement, pour franchir ce pallier, quels sont encore les points que tu penses devoir perfectionner dans ton jeu ?
L’idée s’est de pouvoir s’étoffer encore d’avantage, de progresser d’un point de vue général plutôt que sur un point précis
As-tu un modèle sur lequel tu te bases éventuellement ou dont tu essayes de t’inspirer ?
Non, en fait j’ai pas vraiment de modèle à proprement parlé, bien sûr j’ai des exemples comme tout le monde de joueurs comme Michael Jordan, mais je n’ai pas vraiment de modèle, d’idole. Ces exemples me donnent envie de connaître le niveau d’abord, et puis de se dire que moi aussi j’ai envie de vivre une expérience comme ça, et puis d’aller le plus haut possible
Propos recueillis en exclusivité par Julien Dalcanale
Voici la réaction (en anglais), à chaud, quelques minutes seulement après la fin de la draft de Larry Drew, l’head coach des Hawks, visiblement très heureux du déroulement de cette draft 2010 et notamment du jeune Français Pape Sy
Réaction (en anglais toujours) de Pape Sy, à New York et devant les télés américaines suite à sa draft
Réaction de Pape Sy dans les vestiaires après son work out à Atlanta
Et enfin, petit montage de quelques actions de Pape Sy en Pro A par l’excellente équipe de Vis mon match (PB86)

ITW Dounia Issa : « Je m’inscris dans un projet d’équipe »
On ne le présente plus… Enfin ça n’empêche pas une courte introduction. Depuis trois ans, Dounia Issa est l’un des tous meilleurs intérieurs de Pro A grâce à une activité presque unique. En signant au BCM Gravelines-Dunkerque, l’ailier fort international veut passer un cap. Très gentiment, le toulousain a accepté de répondre à nos questions concernant son programme estival, l’équipe de France ou encore ses saisons prochaines dans un nouveau club. Entretien.
Catch & Shoot : Bonjour Dounia, comment allez-vous ?
Ça va bien merci.
Qu’avez vous fait depuis votre signature à Gravelines-Dunkerque ?
Rien. Je me suis reposé, je suis monté à Gravelines pour terminer certaines choses, passer des examens médicaux. Puis je suis aussi allé à la réunion pour un match de gala.
Le Run-Ball parrainé par Boris Diaw ?
Voila c’est ça.
Quel est votre programme jusqu’à la reprise au mois d’août ?
J’hésite… Soit rester en France ou aller à Dallas pour me préparer.
Comment avez-vous vécu votre non sélection dans le groupe des 18 en équipe de France ?
Très, très serreinnement. A vrai dire j’avais presque oublié. J’étais très content de faire partir des 24 mais je m’y attendais donc, ça peut paraître bizarre, mais du coup je n’y avais plus fait attention.
Suite à la publication de cette liste, un débat entre gens du milieu existe. Certains disent qu’au vu de votre saison vous méritez u
ne sélection alors que d’autres pensent qu’au haut niveau vous êtes coincé entre les postes 4 et 5 du fait de votre physique et de certains manques techniques pour le poste 4. Que répondez vous à vos détracteurs ?
Je vais prendre l’exemple du foot où la différence entre les différents championnats comme la Première League, la Liga… existent mais n’est pas aussi élevées dans le basket. Si j’avais réalisé une saison comme celle que je viens de faire en Ligue 1 j’aurais certainement été sélectionné pour le stage de préparation et même été remplacent lors du mondial.
Là dans le basket c’est différent, le niveau n’est pas très homogène entre les championnats. Il y a la NBA au dessus, beaucoup de français sont éparpillés en Europe… Même en faisant une saison de deuxième au titre de MVP français en Pro A n’est pas gage de sélection en équipe de France.
Passons à un autre sujet. L’an prochain, vous allez évoluer pour le BCM Gravelines-Dunkerque. Pourquoi ce choix ?
Tout simplement parce qu’ils m’ont présenté le meilleur projet sportif et financier. C’est la meilleure proposition que j’ai reçu.
Vous y avez signé un contrat longue durée, comment pensez vous évoluer avec le club ?
Ce n’est jamais évident de changer de club, de structure. La première année est importante pour l’adaptation. Ensuite j’espère progresser chaque année.
Certaines personnes mettent en doute la possibilité de vous voir associer à Cyril Akpomedah, intérieur fuyant, très différent du profil de Zach Moss. Cela ne vous inquiète pas ?
C’est vrai qu’avec Cyril on a un profil différent, mais je fais confiance au staff pour construire une bonne équipe. Moi je suis plus rebondeur/contreur, Cyril c’est un intérieur qui lui aussi est là pour contrer mais s’écarte beaucoup plus en attaque, met des shoots…
Avec un intérieur costaud, présent dos au panier, on pourrait avoir une raquette complète de très bon niveau mais nous voir associer avec Cyril sur quelques séquences peut être très bénéfique.
Vous en avez parlé avec Christian Monshau ?
Oui, oui bien sur. Je m’inscris dans un projet d’équipe, ça va bien se passer.
Avec Cyril Akpomedah, Fréjus Zerbo et peut être JK Edwards – ou un autre intérieur – vous serez soumi à une grosse concurrence. Christian Monschau vous a-t-il promi une place de titulaire ?
Non, non pas du tout. Même s’il me l’avait dit, ça n’aurait pas changer les choses. Cyril est le titulaire, il est là au club depuis plus longtemps. Il a fait une très bonne saison, il jouait 30, 40 minutes. Moi j’apporterais de la rotation, je permettrais à Cyril de jouer moins. Je ne prends pas la tête avec ça…
Vous le toulousain, ça ne vous fait pas peur d’aller évoluer dans le nord de la France ?
Dur… non. C’est sur que quand on change de club il y a une réflexion géographique. Cet aspect est important. Gravelines, c’est sur que c’est une petite ville où il fait froid mais pour ça avec Clermont et Vichy, depuis sept ans j’y suis habitué. A Clermont, on a des -15, -20… Ce n’est pas parce que c’est le centre qu’il fait plus chaud.
Pour finir, vous allez peut être une nouvelle fois participer au Camp SEJ cet été. Qu’est ce qui fait que vous êtes un habitué de ce camp ?
Il y a de bonnes chances pour que j’y aille. J’étais habitué à y aller parce que déjà ça faisait trois ans que j’habitais sur Vichy. Puis après le camp m’a plu, il y a un bon état d’esprit. J’y aime l’approche du travail parce que c’est à la fois sérieux, on bosse dur tout en restant relax.
Merci Dounia, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Qu’est-ce que l’on peut me souhaiter pour la suite… Une bonne récupération puis une bonne préparation afin d’être le plus prêt possible pour jouer avec Gravelines.
Un très grand merci à Dounia, très accessible et sympathique avec Catch & Shoot.

ITW Julien Bestron : « Ravi de rester »
Signataire d’une prolongation de contrat d’un an au Champagne Châlons Reims Basket, Julien Bestron est l’une des seules pièces maitresses de la saison du titre du RCB à avoir pu être conservé par l’union entre Reims et l’ESPE Châlons. Satisfait de cette re-signature mais en même temps déçu de la tournure de certains évènements, l’intérieur marnais a accepté de répondre à nos questions.
Catch & Shoot : Julien, tu viens de t’engager au CCRB. Satisfait ?
Oui satisfait car j’ai toujours manifesté mon envie de rester… Ça a pris du temps mais on est tombé d’accord pour que je reste une année de plus et j’en suis ravi !
Comment as-tu vécu la longueur de la mise en place du CCRB suite à votre titre ?
Cela n’a pas été tres facile à vivre ! J’aime être fixé sur mon sort rapidement et depuis le titre de champion de N1 cela commençait à faire très long… Mais je comprends que l’union de deux clubs puisse prendre du temps et j’ai du prendre mon mal en patience. L’important est que finalement je reste marnais pour la saison prochaine !!
Anthony Christophe et Karim Atamna ont signé ailleurs en Pro B, n’es-tu pas trop déçu par ces deux départs ?
Très déçu de leurs départs… Surtout de celui d’Antho qui est mon meilleur ami et mon gaveur de ballons préféré ! On pouvait s’imaginer que le club allait garder plus de joueurs ayant participer a la montée, mais avec l’union les dirigeants en ont décidé autrement (en meme temps Karim a signé très tôt, l’union n’étant pas encore validée), c’est le sport, il faut savoir tourner la page. Ils nous manqueront surement beaucoup mais il faut avancer !
Languis-tu le choc avec Dijon et Anthony Christophe ? Es-tu inquiet de le rencontrer en tant qu’adversaire ou exiter car tu sais que vous allez le dominer ?
On ne va pas dire que je me languis mais oui j’attends ce match ! Je suis plutôt inquiet parce que je le connais bien et je sais que sur ce match il va vouloir montrer à tout le monde qu’il pouvait être premier meneur du CCRB. A nous de contrôler son tir à 3 points avec la planche à 45° (petite dédicace à mon grand copain…)
Le CCRR est un club promu mais ne cache pas ses ambitions. Qu’attends tu de ce retour en Pro B ?
Collectivement, une qualification pour les playoffs est je pense l’objectif du club. Personnellement je souhaite retranscrire les progrès que j’ai effectué depuis deux ans et montrer que je peux etre un joueur majeur en Pro B !
Avec la fusion, vous pourriez évoluer dans deux salles différentes (Reims et Châlons), en es-tu inquiet ?
A vrai dire je ne suis au courant de rien au niveau de l’organisation des matchs et des entrainements…un peu inquiet mais bon il va bien falloir s’adapter !!
Quel club de Pro B penses-tu être favori pour la montée l’an prochain ?
Là comme ça je dirais Rouen et Boulazac avec Dijon juste derrière. Rouen a enrôlé de gros joueurs et avec leur salle en construction je pense qu’ils ne veulent pas s’éterniser en Pro B… Boulazac a effectué le recrutement le plus clinquant de la division est sera très bien coaché avec Sylvain Lautié. Enfin Dijon, avec un coach réputé, David Melody, Leloup et Bing devrait se mêler a la lutte.
Pour finir, si t’avais quelque chose à dire à Anthony Christophe qu’il ne lirait que dans cet article, tu lui dirais quoi ?
Tout simplement je voudrai lui dire merci pour tous les caviars qu’ils nous a distribué, merci de nous voir porter toute la saison comme il a su le faire et merci d’être mon pote parce que franchement on s’est bien marré pendant deux ans et il va beaucoup me manquer.
Merci à Julien, « Catch & Shoot d’or de l’ITW »

ITW Babacar Niang : « J’ai encore beaucoup de progrès à faire »
Elu dans le meilleur 5 espoir cette saison, Babacar Niang (2m05, 19 ans) a vécu le premier coup dur de sa jeune carrière : une rupture des ligaments croisés du genou. Il a accepté de répondre à Catch & Shoot pour nous retraçant son parcours, ses années au MSB et sa rééducation.
Catch & Shoot : Bonjour, Babacar pourrais tu te présenter à nos lecteurs ?
Je m’appelle Babacar Niang, j’ai 19 ans, je suis un poste 4 et je joue au Mans Sarthe Basket.
Pourrais tu nous raconter ton parcours ?
J’ai évolué à Nanterre en cadet au début puis je suis arrivé au Mans en cadet 3ème année espoir. Cette année j’évolue en espoir et j’évolue un peu avec les pros dès qu’il y a des blessés…
Tu a été blessé récemment tu pourrais nous raconter ça ? Comment le vis tu , comment se passe la rééducation ?
Pour l’instant ça se passe plutôt bien, là je suis en rééducation à Capbreton où y a un bon environnement, de bonnes installations après on verra dans les mois à venir… Il me reste 6 mois en dehors des parquets .
Tu as été élu dans le 5 majeur des espoirs, ta réaction ?
Ça me fait vraiment plaisir, il y a beaucoup de joueurs à mon poste qui pouvaient avoir le même titre que moi. Je ne m’y attendais pas trop, il y a beaucoup de bon postes 4 dans le championnat.
Quelles sont tes qualités et tes défauts ?
Je suis plutôt un scoreur, je prends des rebonds importants et je peux tirer à l’extérieur. Mes défauts, je pense que c’est la défense et la dureté physique j’ai encore beaucoup de progrès à faire dans ce domaine.
Comment décrirais tu ton style de jeu au poste d’ailier fort ?
Ça dépend, j’essaye d’alterner poste bas et jouer en périphérie. Je marque beaucoup de points dans la raquette mais je peux marquer grâce au tir aussi.
Est ce un avantage d’être gaucher ? Cela t’aide à surprendre tes adversaires ?
Je pense… Même si c’est pas trop à moi de dire ça, ce n’est pas pareil que défendre sur un droitier. Les gauchers ont de l’instantanée dans ce qu’ils font d’après les gens.
Tu fais beaucoup de musculation, en quoi est ce important ?
Quand je suis arrivé au Mans, j’avais pas mal de retard physiquement, même si j’ai un peu rattrapé j’ai encore beaucoup à faire dans ce domaine . Je peux encore prendre…
Quel est ton modèle au basket et pourquoi ?
J’ai pas vraiment de modèle, je regarde un peu tout le monde. J’ai pas de modèle précis, je regarde les mooves de tout le monde.
Quel est ton objectif pour la saison prochaine ? Intégrer l’équipe pro du MSB ?
Pour la saison prochaine, déjà travailler dur et retrouver mes sensations en espoir. Si j’ai l’occasion de m’entraîner avec les pros, je serais à fond !
Meilleur souvenir basket ? Ton match contre Le Havre où tu termines à 32 points, 17 rebonds (37 d’éval) ?
Oui même si la semaine d’après cétait encore mieux. Contre Rouen j’ai fais 32 points et 21 rebonds. Mon autre meilleur souvenir c’est mon seul match pro contre l’asvel où j’ai eu la chance de marquer deux points.
Propos recueillis par Jérôme Knoepffler pour Catch & Shoot

ITW Guillaume Yango : « Avoir un impact »
Peu utilisé cette saison avec le MSB, Guillaume Yango a décidé de se relancer avec le PL . Il nous explique les raisons de son choix en exclusivité pour Catch & Shoot.
Catch & Shoot : Guillaume, le Mans s’est incliné contre Cholet en finale de pro A tu es déçu j’imagine ?
C’est clair qu’on est tous déçu, on a travaillé pour ça toute l’année et puis perdre comme ça… Ca donne beaucoup de regrets, on n’a pas joué de la façon qu’on aurait voulu, mais bon Cholet était plus fort que nous !
Tu as eu très peu de temps de jeu en finale, à l’image de ta saison, comment as tu vécu ca ?
J’ai peu joué cette saison et quasiment pas en finale. C’est vrai que ça a été très frustrant. Ma motivation est de travailler dur cet été, revenir avec un état d’esprit revanchard et de rebondir la saison prochaine.
Quel est le tournant de la saison pour toi ? Vous étiez leader une bonne partie de la saison avant d’échouer à la 2ème place…
On a eu nos hauts et nos bas pendant la saison. On a été un peu douteux après Noël quand les matchs retour ont commencé. On a perdu des matchs qu’on aurait pas perdu en début de saison et cela nous a fait mal
Tu as signé avec le Paris Levallois, pourquoi ce choix ?
J’ai signé à Paris car je pense que c’est l’équipe la meilleure pour moi en ce moment. En plus c’est une équipe qui a fait les playoffs cette année et qui joue une coupe européenne la saison prochaine.
Quelles ont été les mots des dirigeants parisiens avant de te signer ? Quelles ont été les mots de Dupraz ?
Je n’ai parlé qu’avec Jean Marc avant de signer, il m’a dit que je l’intéressai et puis il m’a expliqué sa philosophie de jeu, la routine quoi…
Quelle va être ton programme cet été ? Quelles parties de ton jeu vas tu bosser ?
Cet été je suis en Californie à San Jose. Je vais à la salle de sport quasiment tous les jours et je joue avec des gars d’université qui ont un bon niveau. J’ai toujours mes coachs de Pacific qui sont toujours dispo si besoin. Je ferais des séances individuelles pour travailler mon shoot et mes postes moves sinon le but est de rester en forme.
Quelles sont tes objectifs pour la saison prochaine ? Retrouver un temps de jeu régulier ?
Mon objectif est d’aller le plus loin possible et d’essayer de gagner quelque chose tout en y contribuant, c’est à dire avoir de bonnes minutes et avoir le sentiment d’avoir eu un impact. J’ai pas trop eu ce sentiment cette année.
Collectivement, retrouver les playoffs ?
Le PL a fait les playoffs cette année, j’aimerai les faire avec eux et aller plus loin que cette année.
Enfin, tu es originaire de Tremblay, retrouver la région parisienne c’était important pour toi surtout après tes passages à l’étranger ?
Effectivement je suis de Tremblay dans la région parisienne , pour moi c’est un plus qui vient s’ajouter. Je suis plus dans l’environnement où j’ai grandi et ou j’ai commencé le basket, mais ce n’est pas ce qui m’a fait signé a Paris .
Propos receuillis par Jérôme Knoepffler pour Catch & Shoot

Marco Pellin : En route pour un monde meilleur…
« On voyage pour changer, non de lieu, mais d’idées…« . Cette citation d’ Hippolyte Taine pourrait très bien s’appliquer à Marc-Antoine Pellin, en passant de la Chorale au MSB, Marco se retrouve à un moment crucial de sa (jeune) carrière. Passé la déception d’une saison à oublier l’ancien Roannais se livre à cœur ouvert et nous parle en toute franchise de son parcours, entre moments de doute et l’espoir d’un avenir meilleur…
Catch & Shoot : Salut Marco, merci beaucoup d’avoir accepté notre invitation, pour commencer comment vas tu ?
Ça va très bien merci.
Bon on va pas y aller par quatre chemins, si tu devais faire un bilan de ta saison tu me dirais quoi ?
Et bien écoute, cette saison comme tu as pu le constater fut très difficile, sachant que je me suis blessé en pré-saison, je n’ai jamais pu évoluer comme je le souhaitais. J’ai trainé cette blessure comme un boulet, ce qui m’a complétement gâché mon année…
Et par la même ta relation avec Jean Denys Choulet…
Je n’ai pas envie de commenter là dessus, mais notre relation était vraiment « difficile » depuis la saison dernière et encore plus depuis ma blessure.
Et avec tes coéquipiers ça se passait comment ?
Très bien ! On était vraiment un bon groupe avec beaucoup de respect, une très bonne entente sûr et en dehors du terrain.
Malgré cette blessure tu étais toujours dans le cœur des supporters tout au long de la saison.
Exactement avec les supporters ça c’est toujours super bien passé, je n’ai jamais eu de problémes avec eux, ils m’ont toujours soutenu et encouragé lors des moments difficiles, on a toujours été trés proche, leur soutien est quelque chose qui compte beaucoup pour moi.
Bon ce n’est plus un secret pour personne, l’année prochaine tu seras Manceau.
Oui, j’ai signé un pré-accord avec le Mans, il me reste encore à passer quelques tests physiques afin de valider tout ça.
Donc pour toi c’est non pas une page qui se tourne mais un livre qui se termine avec la Chorale ?
Tout à fait, c’est beaucoup d’émotions j’ai vécu tellement de bons et beaux moments à Roanne que partir me fait forcément un petit quelque chose.
Si tu devais me dire quel est ton plus beau souvenir sous le maillot de la Chorale, tu me dirais quoi ?
Qu’il y en a beaucoup !!! (rires) Mon premier match en tant que titulaire, le titre de champion de France, la victoire au Mans en demi finale pour aller à Bercy même si on perd ensuite… Ça reste des moments inoubliables…
Et donc direction le MSB pour un nouveau challenge ?!
Voila! Je me retrouve à un moment de ma carrière où j’ai envie de voir ailleurs, connaitre autre chose. Montrer aux gens que ma blessure n’est plus qu’un mauvais souvenir, que je peux encore apporter beaucoup à mon équipe. La saison dernière a été pour moi une énorme frustration, je veux oublier tout ça, j’ai une énorme envie de rejouer, je me sens bien physiquement et mentalement, vraiment j’ai hâte que le championnat commence !
Parlons un peu de l’équipe de France, tu y penses ?
Oui bien sur, c’est important pour moi, après il faut être lucide j’ai un peu loupé le coche en équipe de France… La premiere année où j’ai été selectionné, j’ai dû décliner l’invitation à cause d’une blessure aux adducteurs, l’année d’aprés on se separe de moi juste avant les qualifications alors que j’avais fais une bonne préselection et cette année je me blesse donc je ne peut même pas espérer tenter ma chance. En tout cas j’espère y être un jour ou l’autre car je pense avoir le potentiel pour y évoluer. Après seul l’avenir nous le dira mais une chose est sure, j’ai toujours le cœur en bleu blanc rouge et si on a besoin de moi je serai là.
As tu quelque chose à ajouter ?
Rien de special, juste garder un œil sur nous l’an prochain !! (rires)
Merci beaucoup Marco pour ta disponibilité et ta gentillesse et bonne chance pour la suite !

ITW Luc Louvès : « J’ai faim de temps de jeu »
Après une saison vierge des plus compliquées en raison de problèmes personnels, Luc Louvès (2m06, 20 ans) a décidé de quitter Orléans et de rejoindre Gent dans le championnat belge pour gagner en temps de jeu. Jamais vraiment utilisé dans le Loiret, le palois d’origine a à coeur de relancer une carrière professionnelle qui tarde à prendre son envol.
Catch & Shoot : Bonjour Luc, Vous venez de signer à Gent en Belgique, le choix du temps de jeu ?
J’ai effectivement le besoin de me relancer après une année difficile.
Vous avez vécu une année compliquée sur le plan personnel, aujourd’hui avez-vous de nouveau la tête au basket ?
Je suis plus que jamais déterminé, j’ai vraiment faim du jeu !!!
De ce séjour en Belgique, attendez-vous un nouveau départ pour votre carrière professionnelle ?
Oui car c’est un autre championnat donc il y a de nouveaux adversaires et objectifs.
Que vous a promis l’entraîneur de Gant Erik Rogiers?
Il m’a promis du temps de jeu afin de pouvoir enfin montrer mon potentiel.
L’année prochaine vous serez automatiquement éligible pour la draft, est-ce votre objectif premier ou vous vous dites simplement « on ne sait jamais » ?
La draft NBA représente mon objectif premier !
Quels sont les points sur lesquels vous devez réellement progresser pour convaincre les franchises NBA de vous drafter ?
Il faut jouer a l’américaine !! Mais surtout jouer dur à tout instant.
Avec le championnat belge composé en très grande majorité d’américains, ça sera un bon apprentissage…
Ça c’est sur !
Merci Luc, on vous souhaite une bonne préparation en vu de la saison prochaine.
Pas de problèmes.

« J’ai signé deux ans à Chalon, je suis content de revenir en France »
Bonjour à tous,
Premièrement je suis désolé de ne pas avoir écrit plus tôt. En effet ce sont les vacances pour les joueurs de basket, pas encore pour tous mais pour la plupart, ce qui fait de notre vie une période relativement désorganisée… À première vue on pourrait croire qu’on a plus de temps, mais ce précieux temps nous sert pour faire des choses, des voyages, des aventures que nous avons pas de temps à faire pendant la saison professionnelle. Je viens de visiter mon grand frère Vasco aux USA. Nous avons passé pas mal de temps à aller à son université (North Carolina) et la mienne (North Carolina State) pour s’entraîner et jouer. Les matches sont de très bonnes qualités, avec des anciens joueurs (NBA et Européens) revenant pour jouer eux aussi. Je suis de retour en Europe pour le reste de l’été.
La nouvelle qui vous intéressera le plus est que j’ai signé pour deux ans à Chalon. Je voulais revenir en France et je suis content qu’avec Chalon nous ayons pu trouver un accord. Cela sera très différent de l’année à Chypre, ou j’ai découvert un côté du basket que je n’avais jamais encore vue…. Je suis très content d’avoir l’opportunité de jouer pour Greg Beugnot, un coach que je connais depuis que j’étais gamin lorsqu’il était à Villeurbanne.
Je veux aussi répondre à certaines questions qui ont été posés. Le championnat en Allemagne est bon. Les 7 ou 8 premières équipes sont de bonne qualités (les 3 – 4 premiers étant très bons). Le niveau est bon, il faut jeter en coups d’oeil a leur play-off pour comprendre: les 4 premières équipes de la saison régulière, ont été en effet éliminées des le premier tour. Les demi-finales se sont jouées entre les équipes 5eme, 6eme, 7eme, et 8eme du classement. Les joueurs sont biens payés, d’un niveau similaire à ce que l’on peut voir dans le championnat français, surtout pour les équipes de playoffs. Il n’y a pas de règles pour les Américains, donc certaines équipes sont formées de dix américains, d’autres sont pleines de joueurs des pays de l’est. C’est un championnat très diversifié, plus proche d’une continuation des universités américaines en quelques sortes.
Lors d’un de mes prochains blog, je vous parlerais des universités américaines pour vous donner une idée de la vie des joueurs universitaires qui évoluent au plus haut niveau comme la conférence de la ACC. Là aussi, c’est un autre monde, proche des organisations de la NBA. A bientôt et passez un bon été ;)

Les rookies n’intéressent plus les gros clubs français
Jeff Foote (2m13, 22 ans) vient de signer au Maccabi Tel Aviv. Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de joueur, et cela se comprend.
Ce « 7 footer » a été sous le feu des caméras lors de la dernière March Madness. Pensionnaire depuis quatre ans de la faculté de Cornell, college plus reconnu pour ses cerveaux que ses athlètes – Cornell est en effet la 12ème meilleure université au monde ! -, Foote et ses coéquipiers Big Red ont brillé lors de cette saison universitaire en terminant avec un bilan de 25 victoires pour 9 défaites et surtout en se issant jusqu’au Sweet 16 de la March Madness, où ils ont sérieusement accroché Kentucky et John Wall.
Réalisant une excellente saison senior (12.1 points à 62.5% aux shoots, 8.1 rebonds, 2.3 pds et 1.9 contre en 28′), le new yorkais semblait encore un brin juste pour être sélectionné au second tour de la draft NBA. La solution envisagée était donc européenne.
Et c’est donc au Maccabi Tel-Aviv que le numéro 1 s’est engagé ces derniers jours. Pourtant la solution Pro A/Euroleague avait été envisagée…
Jeff Foote proposé en France
Représenté par la société Elite Sports Management de Miloud Dahine – ancien men
eur de Pro A et désormais agent de joueur qui travaille avec Kenny Grant et donc place des joueurs américains dans des championnats européens -, Jeff Foote a été proposé à des clubs français.
« En 2002, à sa sortie de Temple, on a proposé un joueur à des clubs français qui s’appelait Lynn Greer pour une somme abordable pour des clubs français d’Euroleague de 200 000 dollars. On nous a dit qu’il fallait attendre un peu. Ce joueur s’en est allé à Wrocław en Pologne et depuis des clubs français se sont renseignés à son sujet mais il s’est révélé être devenu trop cher« , nous a expliqué Miloud Dahine, « c’est un peu la même histoire avec Jeff Foote. C’est un joueur de grande taille, mobile et athlétique (sa détente a été mesurée à 76 centimètres lors d’un work out NBA) dont nous sommes persuadés qu’il pourrait faire beaucoup de bien dans les raquettes en France.«
Pendant ce temps, Miloud Dahine et Kenny Grant l’ont aussi suggéré à d’autres clubs européens espagnols, italiens, grecs… « Nous l’avons proposé au Maccabi-Tel-Aviv et une semaine après il y signait pour trois ans, plus trois années supplémentaires avec des clauses chaque été pour partir en NBA« , nous confirmait-il.
Avec trois ans de contrat, l’ASVEL aurait eu la sécurité d’avoir un poste 5 taille Euroleague pendant les trois prochaines saisons, à moins qu’un gros club soit venu le chercher entre temps, moyennant monnaie.
« C’est un très bon joueur, on a dû se battre pour pouvoir le représenter. Etant français, j’aurais aimé le voir évoluer dans mon pays car je suis persuadé qu’il est fait pour le basket français. Dans le basket français où les championnats sont athlétiques, nous pensions qu’un joueur de cette taille qui court y aurait très bien allé », continuait Miloud Dahine. Sans oublier que Jeff Foote a été élu pour la deuxième consécutive cette saison meilleur défenseur de l’Ivy League…
Plus de rookies dans les grosses équipes françaises
Même Roanne ne le fait plus. Ou du moins, Jean Denys Choulet, bénéficiant d’un meilleur budget depuis 2007, ne fait plus ses courses à Columbus au début de l’été où il donne les clés de l’équipe à des joueurs n’ayant aucune expérience européenne.
Si cela marchait dans le passé (Dee Spencer, Aaron Harper, Terrel McIntyre), on constate que ça peut toujours être le cas en France. AD Vassallo sortait d’un excellent cursus de quatre années à Virgnia Tech et ce n’est pas sa courte expérience dans le championnat porto-ricain qui a changé la donne.
Autres exemples, ceux de Sean Marshall – dont les deux premières expériences en Turquie et Grè
ce (Aris Salonique) ont été bien meilleures que sa troisième à Dijon où il pesait 120 000 euros selon MaxiBasketnews – et Ramel Bradley – bien meilleur au Cedevita Zagreb l’an passé qu’à Dijon où toujours selon MaxiBasketnews, son contrat était estimé à 170 000 euros la saison – qui étaient tout deux de très forts joueurs en NCAA, qui l’ont confirmé lors de leur saison rookie en Europe avant de s’écrouler, pourtant plus expérimentés, cette saison à Dijon.
« C’est dommage parce qu’aujourd’hui encore il y aurait un bon nombre de joueurs capables de produire dès leur saison rookie« , concluait Miloud Dahine
Bien entendu, pouvoir tabler sur un joueur avec une expérience européenne est plus sûr lorsque l’on recrute pour confirmer la valeur du joueur mais aussi s’assurer qu’il a déjà vécu une année hors de ses bases, dans un pays qui n’est pas le sien. Mais étant donné les difficultés des clubs français a attiré des joueurs dominants et confirmés sur le sol européen, tabler sur des américains non draftés sortant d’un excellent cursus est une solution à ne pas mettre de côté.
Des joueurs tel que Brian Zoubek (2m16, Duke) ou Jerome Randle (meneur de California, joueur que nous vous avions fait découvrir lors de la March Madness) devraient être capots au soir de la draft et représentent des cibles idéales pour des clubs français.
Le débat est lancé, n’hésitez pas à donner votre point de vu concernant ce sujet.

Un logo (presque) parfait…
Catch & Shoot est parti à la rencontre de Laurent Rullier, co-gérant de l’Enseigne Sportive. De l’importance d’un logo en passant par le merchandising et les autres supports de communication, Laurent vous explique tout ce qui concerne le visuel des clubs, et quand un passionné de la balle orange se met au service de la création ça donne ça !
Bienvenue dans le monde de la couleur et des formes en tout genre.
Catch & Shoot : Bonsoir Laurent, tout d’abord merci d’avoir accepter notre invitation. Alors Laurent ma première question est simple: Présente toi !
Je suis graphiste indépendant, (pub, édition papier…), autodidacte en matière de dessin et surtout de dessin vectoriel. Je suis également scénariste de BD, j’ai fait pas mal de scénars de séries dessins animées aussi. Côté passion, même si je trouve le mot un peut fort, je m’intéresse beaucoup à la Pop Culture (cinéma et littérature de genre, BD, rock’n’roll et dérivés, cartoons, etc…) et de son histoire. Mon goût pour le sport et essentiellement le basket vient de là je pense.
Et donc tu as créé avec Denis Coutard et Grégory Barbotin l’Enseigne Sportive?
La création de l’Enseigne Sportive est que le résultat d’une rencontre entre trois internautes du forum de Basketinfo aussi affligés les uns que les autres des logos du basket français (et du sport français en général). Alors au lieu de fulminer et de se lamenter, nous avons décider d’agir en créant l’Enseigne Sportive.
Si tu devais faire une sorte de bilan des logos des clubs français tu me dirais quoi ?
Il n’est pas question de pointer du doigt telle ou telle équipe, c’est un ensemble, un état d’ esprit, une absence de culture de l’image typiquement française qui fait qu’en général, les dirigeant des clubs accordent peu d’importance à ce qui leur semble un détail dans la gestion d’un club. Très peu ont compris qu’un logo réussit, déclinable sur des supports marketing était un investissement.
On a l’impression qu’en France dès que l’on parle du visuel des clubs, on a tout de suite une image un peu ringarde : logos peu travaillés, l’aspect marketing négligé… peux tu nous confirmer ?
Un mot me vient à l’esprit : amateurisme. Amateurisme dans la conception, la réalisation et l’exploitation de ce qui est la première image que se donne un club de lui-même. Comment un club qui va démarcher des sponsors dans le monde de l’industrie en se présentant en tant que structure professionnelle peut elle être prise au sérieux quand sur son papier à en-tête figure un logo du niveau de celui de l’amicale de la paroisse locale ?
Pour ce qui est de l’aspect marketing, le plus consternant est d’entendre des dirigeants dire que cela ne sert à rien d’avoir un beau logo sur les produits boutiques, car ceux ci ne se vendent pas. Mais s’il y avait une belle image, un truc fort, fun et sympa, bien maquetté, ces produits se vendraient sans doute plus ? Vous croyez que tous ces gamins qui portent des sweats, des tee-shirts, des casquettes aux couleurs des franchises NBA ou NFL sont des fans de ces teams ? Non. La plupart ont ça sur le dos ou sur la tête parce que ça claque.
Mais, ne désespérons pas, depuis un ou deux ans, on sent un frémissement dans le basket français. Dans certains clubs, on commence à se rendre compte que la création d’un logo est une chose suffisamment sérieuse pour ne pas être confiée au petit neveu du concierge de la salle.
Donc tu penses que d’ici 4/5 ans le paysage visuel du basket en France sera totalement différent de ce qu’il est aujourd’hui ?
Totalement… sans doute pas. Les choses évoluent, lentement, mais évoluent. Mais il faudra du temps je pense. Il suffit que deux trois clubs de haut niveau considèrent le problème avec sérieux pour créer un effet boule de neige.
Justement quel est la « recette » pour faire un beau logo ?
Faire appel à l’Enseigne Sportive. Non honnêtement, s’il y en avait une, ça se saurait. A l’E.S, nous avons notre conception du logo réussi, mais c’est la notre. Je suis pas sûr qu’elle soit universelle. Et cette conception du « bologo », elle est aussi secrète que la formule du Coca-Cola.
La seule chose que je puisse dire, c’est que ça demande du travail, beaucoup de travail. Et ce n’est pas forcément les truc les plus alambiqués, plein de chichis et de dégradés qui se percutent qui demandent le plus de taf contrairement à ce que pensent malheureusement la plupart des gens dénués du B.A.BA de la culture graphique. Un bon raccord de courbes vectoriels demande plus de talent et d’efforts qu’une accumulation d’effets photoshop.
Quelles sont les retombées qu’un club puisse espérer après un changement de logo ?
S’il est réussit, et surtout bien accompagné (déclinaisons, mise en place marketing), une augmentation de ses ventes boutiques, donc du fric. C’est déjà pas mal.
Quel est pour toi le plus beau logo de Pro A ?
Reims Champagne Basket. Ah zut… ils étaient en N1. Et celui de Champagne Chalon Reims Basket sera encore mieux en Pro B. En Pro A, j’aime bien celui du MSB, forcément, celui de l’ASVEL, mais si je le trouve un peu chichiteux, limite précieux. Rouen, pas mal… La Chorale, mais uniquement au point de vue réalisation, car le concept : papa maman et p’tit gn’enfant qui se tiennent la main… vraiment on dirait un visuel pour une ONG catho. Quand on voit Uche et JDC… Ce n’est pas vraiment raccord.
Et le pire !?
Je ne parlerais qu’en présence de mon avocat.
D’un point de vue marketing il y a quelque chose de frappant, quand on se proméne dans la rue on voit des tas de gamins avec des maillots de Bryant, Iverson, O’neal… mais jamais des maillots de clubs français, y compris dans des villes qui possédent un club professionnel, comment expliques-tu cela?
T’irais en boîte avec le cougar de SLUC sur le poitrail toi ?Avec la gentille Chorale stylisée de Roanne sur une gapette ?
Bon à côté de ça, il y a une forme de masochisme qui sévit dans le basket français, une auto-flagelation permanente qui n’aide pas à être fier de ses couleurs. Mais honnêtement, j’ai montré la gargouille du RCB à quelques élèves d’une école de dessin, des d’jeuns sapés par les Bruins, les Celtics, les Yankees, mais qui savent à peine qui est Kobe Bryant… Plusieurs m’ont demandé s’il était possible d’acheter le T-shirt. Donc cette gargouille est un bon support marketing. Mais pour bien l’exploiter il faut savoir la « mettre en scène ». Si c’est pour la floquer en petit entre les logos des sponsors du club, ce n’est même pas la peine d’y penser.
Il n’y a pas que les produits dérivés qui souffrent, il y a aussi tout ce qui concerne l’habillage des salles, entre le parquet, les tribunes et la décoration il est parfois difficile de croire que l’on est dans une enceinte de basket.
Tu oublies aussi la mascotte bénévole qui se demande ce qu’elle fout là, les t-shirts immondes du club des supporters, les tubes rances de Queen à l’échauffement et les mecs qui débattent sur le thème « le basket français c’est rap ou bamba ? »… Y’a du boulot !
Pour finir que peut-on te souhaiter pour le futur ?
Voir dans la rue un môme portant un produit Enseigne Sportive sans qu’il sache que c’est logo d’une équipe de basket française.
Merci beaucoup Laurent pour ta disponibilité et ta gentillesse…
Pour plus d’informations, je vous invite à visiter le site de l’Enseigne Sportive: enseignesportive.fr







