Pourquoi Danny Ainge n’étoffe pas le banc des Celtics ?
Depuis que Danny Ainge a mis en place le « New Three » des Celtics – son succès lui ayant permit de raffler le NBA Executive of the Year award -, on oublie que celui-ci était autrefois des plus décrié à la barre de la franchise du Massachusetts. Aujourd’hui, les Celtics rament et ne sont pas à la hauteur de leurs ambitions et on ne peut pas dire que le président des opérations basket, soit Ainge, ne soit pas fautif sur le coup.
Car depuis trois ans, les Celtics tirent sur les mêmes hommes. Et le noyau du groupe, soit le trio KG / P² / Jesus, n’a plus 20 ans.
Posey vers NOH, tout part de là
La première erreur, à l’origine de tout, a été faite suite au départ de James Posey. L’offre démesurée des Hornets, Ainge n’y pouvait rien. Seulement, rien n’a été fait pour le remplacer. Ce n’est pas le bondissant Tony Allen, trop fougueux, fragile et mauvais shooteur, qui pouvait reprendre son rôle de sixième homme.
Sans banc ni Garnett, Allen et Pierce se sont retrouvés à jouer plus de 40 minutes par match. En playoffs, ils ont craqué.
Durant l’été, Danny Ainge croyait avoir enfin bouché les trous sur son banc. En recrutant Marquis Daniels – suite à la tentative avortée pour embaucher Grant Hill – et Rasheed Wallace, ils pouvaient compter là sur deux joueurs capable d’assurer une rotation de qualité sur deux postes différents – respectivement les postes 2 & 3 et 4 & 5.
Suffisant ? Non pas du tout. Marbury parti, la seule rotation au poste 1 se trouvait être Eddie House. Pas un meneur, un vrai.
Car le problème de cette équipe, c’est qu’elle n’a pas de banc et tire trop sur ses « vieux ». Des vieux qui forcément craquent plus facilement physiquement, malgré toute leur expérience accumulée au cours de leur longue carrière. Et si l’un d’entre eux craque, alors Doc Rivers devra encore plus tirer sur les autres. C’est ce qui est arrivé l’an passé. Ainge n’a réagit. Et cela continue cette saison.
Pas d’anticipation, pas de résultats, pas de réactions
L’effectif des Celtics est construit comme celui du HTV méthode Alain Weisz. Une équipe sans budget doit se passer de dix et neuvième homme. Mais contrairement à l’équipe de l’ancien sélectionneur de l’équipe de France, les Celtics eux ont l’argent nécessaire pour se construire un banc.
Auteur du New Three qui coûte cher (très cher), deux jeunes joueurs très talentueux dont l’un dispose d’un faible contrat signé avant son explosion (Perkins) et l’autre ne touche encore que son son contrat rookie. Sur les bancs, des vétérans pour la plupart qui ne veulent plus que la bague et signent des contrats minimum.
Le Sheed, juste devenu mauvais…
Insuffisant. Rasheed Wallace évolue aujourd’hui à des années de son niveau lors de son arrivée à Detroit. Depuis deux ans, l’activité du Sheed se
résume à faire des aller-retours entre les deux lignes à trois points. Mou, on le sent même démotivé. Espérons que cela change à la senteur de la post saison.
Nate Robinson est un arrière perdu à cause de sa petite taille. Meneur ? Il ne l’est pas. Mais à 1m70, peut-on faire autrement ?
Tony Allen peut mettre un coup de boost offensif sur deux/trois séquences grâce à ses pénétrations, mais malheureusement il est trop limité techniquement pour avoir un impact régulier.
Glen Davis est à cours de forme cette saison et porte trop de pression sur les épaules depuis ses play-offs 2009. Devrait être utilisé comme un Schortsanitis ou tout simplement comme lors de son arrivée dans la ligue.
Bref un banc qui se résume à cinq têtes, c’est trop peu en NBA, surtout quand elles sont peu performantes.
A l’opposé du Magic et des Cavaliers
Car la concurrence, elle, affiche un tout autre visage. Sans parler des Hawks, qui eux aussi semblent un peu court – mais les joueurs sont jeunes, ils ont encore tout à prouver et surtout le talent est plus homogène -, le Magic et les Cavs affichent une population inégalable dans la ligue pour espérer aller au bout. En témoigne les rosters :
Orlando Magic
1 : Jameer Nelson, Jason Williams et Anthony Johnson
2 : Vince Carter (2/3), JJ Reddick
3 : Rashard Lewis (4/3), Matt Barnes et Mike Pietrus (3/2)
4 : Ryan Anderson et Brandon Bass (4/5)
5 : Dwight Howard (5/4), Marcin Gortat et Adonal Foyle
A Orlando, 12 joueurs (sans compter Foyle) sont susceptibles de rentrer au cours d’un match, qu’il s’agisse d’une finale NBA ou d’un match contre les Nets. Tous les postes sont doublés, voire triplés et avec cinq joueurs capable d’évoluer sur deux postes indifféremment, toutes les composition sont envisageables pour Stan Van Gundy.
Cleveland Cavaliers
1 : Mo Williams (1/2), Daniel Gibson (1/2) et Sebastian Telfair
2 : Anthony Parker et Delonte West (2/1)
3 : LeBron James (3/2/1/4) et Jamario Moon (3/2/4)
4 : Antawn Jamison (4/3), JJ Hickson, Anderson Varejao (4/5) et Leon Powe
5 : Shaquille O’neal et bientôt de nouveau Zydrunas Ilgauskas (5/4)
Longtemps, les observateurs et même LeBron en personne décrié le manque de talent autour de l’Elu. Pourtant aujourd’hui, les Cavs peuvent considérer leur effectif comme le plus muni de la ligue, en témoigne le poste 4 qui réunit tout ce que l’on peut trouver chez un ailier fort : travail de sappe, shoot extérieur, à mi-distance, jeu en transition, face au panier… Tous les coups sont permis. A l’aile, LeBron prend 45 minutes de temps de jeu dès qu’il le faut. Sept joueurs sur trois postes suffisent donc amplement, d’autant plus que les joueurs en question sont des plus polyvalents. Avis aux Celtics.
Et la liste pourrait continuer à l’Ouest, avec les Lakers et Mavs en tête (Denver s’appuit sur un groupe plus réduit) sans parler des Spurs, dont le banc est très intéressant, mais les résultats ne sont pas là pour le confirmer.
Imaginer une instant, qu’il arrive aux Celtics la moitié de l’hécatombe qu’il est arrivé à Portland. Pourtant, les Blazers s’en sont tirés et grâce à un effectif chargé, la franchise de l’Oregon reste dans la course à l’Ouest.
Du beau monde « pas cher », ça existe en NBA
Ce qu’il manque aux Celtics, c’est du sang neuf, de la fraîcheur physique. Un plus. Un onze, douzième homme. Chez un prétendant au titre, il faut un starter, son back up, plus un joueur qui vogue sur deux deux postes. Garnett, vraiment statique désormais, ou Pierce, dont la santé et bien trop précaire, ne suffisent plus. Les résultats, c’est maintenant que Ainge doit aller les chercher. Pas dans trois ans, lorsque le franchise player se nommera Rajon Rondo…
Certes, le New Three engloutit presque que tout le salary cap mais Boston doit faire comme San Antonio, viser le tout pour le tout maintenant. Il ne s’agit pas là de signer Antawn Jamison ou Kevin Martin au roster, mais de prendre des joueurs sous estimé – donc peu cher – capable d’apporter en fin et début de quart temps.
La deadline étant passé, c’est désormais sur les free agent qu’il faut se jeter. Et ils ne valent pas forcément des millions.
Rashard McCants, ex acolyte du Big Ticket aux Wolves, cherche un employeur. Scoreur aboutit, fort shooteur, il a tout du parfait sixième homm
e à la JR Smith.
Wally Szszerbiak n’a pas annoncé officiellement sa retraite (pour rappel il n’a que 32 ans). Vétéran, ex All Star, le play boy a de plus la chance de connaître la boutique (passage aux C’s sur les saisons 2005/06 et 2006/07). Un fort shooteur en sortie de banc pour le minimum vétéran. Intéressant, très intéressant.
Bobby Jackson peut encore sortir de sa retraite. L’été dernier, Marbury ne rempilait pas. Jackson était alors encore sur le marché. Ultra doué offensivement, devenu un joueur plus propre dans son jeu avec le temps, Bobby Jackson avait effectué un passage intéressant à Sacto en fin de saison dernière (7.5 points et 2 pds en 21′). S’il a refusé Detroit et Miami avant la fin de sa retraite, ne pas avoir glané de bague dans son longue carrière le ronge peut être un peu…
Les Celtics courent à la catastrophe
Sans changements, dur de croire que les Celtics pourront reconquérir le Larry O’Brien Trophy, à moins d’un dernier coup de génie de la part de KG & Cie. Se serait là une triste fin d’histoire…
Car avec un peu de sang neuf, un dynamise apporté par de nouvelles arrivées, Ainge pourrait relancer la machine.
Pour l’instant, il l’a laisse se rouiller, sans se bouger. Transférer Ray Allen, le seul C’s qui passe rarement au travers d’un match, aurait la pire chose à faire.
Désormais, il faut tenter le tout pour le tout et améliorer l’équipe.






